Le jour venait à peine de se lever sur Bonta. Les artisans étaient déjà au travail, les paysans aussi. Les enfants allaient à l’école, leur cartable à la main. Seuls quelques privilégiés avaient la chance de poursuivre leur nuit. On les appelle privilégiés, mais ce n’est pas un mot à prendre dans son sens propre. En effet, ces personnes en question sont tout simplement au chômage, ou ne travaillent pas. Naga elle, ne travaillait pas. Néanmoins, ce jour là elle n’a pas eu le temps de sommeil qu’elle souhaitait…
Un homme, vêtu d’un costume noir, une cravate lui serrant le cou et le pantalon légèrement trop petit si bien qu’on pouvait apercevoir ses chaussettes TofuMania. Il tenait dans sa main gauche une mallette en cuir blanc, et portait un badge informant son nom ainsi que les lettres « HJ.B ». Il avait le visage pesant, les paupières lourdes, il n’était pas rasé et ses sourcils étaient naturellement froncés. Cet homme avait tout de quelqu’un de froid, sans humour et sans cœur. Il se tenait devant la porte de Naga, il entra sans frapper.
- Mada…moiselle Naga ?! Elle dormait encore.
- Mademoiselle Naga ? Êtes-vous là ?
- Prise de panique. Hein ! Quoi ! Comment ! Qui ! Où ! Pourquoi ! Oui je suis là, qui…qui me parle ?!
- C’est moi mademoiselle Naga, c’est monsieur Pignon, monsieur Juste Pignon, huissier de justice de Bonta. J’ai à vous dire quelques mots.
- Huissier de justice ? Euh…attendez-moi dans le salon, j’arrive !
- Je ne fais que ça, je ne fais que ça. Se roulant les pouces.
- Me voilà, que voulez-vous ? Enroulée d’une serviette.
- Pour abréger, vous êtes expulsée. Il vous est impossible de payer votre loyer, nous nous voyons donc dans l’obligation de vous faire quitter les lieux, et ce dès demain matin. Le plus vite sera le mieux.
- Sous le choc. Expulsée ?! C’est une blague ? Et un autre logement est prévu pour moi ? Ou devrai-je errer dans les rues ?
- Non ce n’est pas une blague, et non rien est prévu pour vous. Prenez vos responsabilités. Bien, je repasserai très tôt demain matin, soyez prête. Il s’en alla, sans dire au revoir.
L’homme reparti donc. Une calèche l’attendait. Naga est restée immobile, sans un mot.
Sans perdre un seul instant, elle se rendit au Zaap de Dilune, dans l’espoir de rencontrer l’un de ses camarades qui pourrait éventuellement l’héberger. Seul Aburame-Shino était présent, elle lui expliqua le problème en détails.
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