Brakmar : 26 jouiller 639 : heure indeterminée Cela fait maintenant plus de deux ans que je n’ai pas mis les pieds dans cette citée, mon exil aura été long, ma quête vaine, je sais désormais que le trésor recherché par tous les enutrofs n’existe pas. Cette quête m’a éloigné du monde, deux longues, très longues années, la solitude, très grande solitude… Les montagnes perdues au sud de Brakmar, terres d’exil pour moi, inexistantes pour le reste du monde, s’effacent peu à peu de ma mémoire. Après le décès de ma compagnon de route, Faye, auquel je n’ai jamais cru, c’était la seule réponse. Maintenant, pensant qu’elle est toujours enfouie dans les geôles de Brakmar, je reviens en ville.
Brakmar, ma ville, répugnante, vile, les mots me manquent mais je me sens de novueau chez moi. J’erre sans but, aussi seul que dans mes montagnes, j’arrive cependant à la taverne du Chabrulé. C’est étrange comment les choses reviennent, cette taverne, je l’ai asséchée à maintes et maintes reprises, j’ai connu 4 générations de serveuses, leurs visages me reviennent lorsque j’entre.
Bruli Ounim, que j’ai connu enfant, est la nouvelle serveuse, est en bien mauvaise posture, deux ivrognes et un garde de la cité sont en train d’essayer de lui voler sa « petite fleur ». Ce qui me passe par l’esprit à ce moment, deux choses, cinquième génération de serveuse et j’ai soif.
Je crie : Oto Mustam m’envoie ! Instantanément, les ivrognes et le gardes fuient, même s’il était un garde respecté à l’époque de mon exil, je n’imaginais pas un tel effet. Ce n’est que plus tard que j’appris qu’il était désormais le chef de la milice de Brakmar, ceci explique cela. Pour me remercier, la serveuse m’offre une bière, j’en commande tout de suite deux de plus pour éviter les aller-retours.
Les heures passent, ma vigilance baisse, il faut dire que je commence à être passablement bourré, je ne remarque même pas le Iop qui se tient debout devant moi…
…
MERDE… Trop tard, il est juste là, je ne peux rien faire, sauf subir son désir, je ne réfléchis plus, j’attend juste. Les iops sont réputés pour être stupide, mais celui-ci me semble différent, dans son costume sang et noir, typique de la cité, il fait parti de la pire espèce, les iops se pensant intelligent…
Résigné, je me prépare à lire cette lettre, je n’ai pas d’autre solution, combattre dans cet état d’ébriété ferait honte à mon ancienne vie, et ça, je ne veux pas.
LETTRE DE SOUMISSION A BARNEY STINSON
Je soussigné, Lamule, déclare soumission à Barney Stinson en ce jour du 26 jouiller 639 à la Taverne du Chabrulé, aux alentours de 22h32. Cela commence plutôt mal, j’ose un regard : les bras croisés, impassible, quelque chose ne va pas chez lui, il me connait, sait tout de moi, je le sens… Ma montre, 22h34… Stupéfiant.
Ce contrat prend effet immédiatement, et ne peut être résilié que par la mort d’une des deux parties prenante. Des frissons me parcourent, sueur froide sur mon front, que se passe-t-il avec ce iop, j’en ai vu des bien pires que lui, mais vraiment, quelque chose ne va pas.
Je déclare obéissance à Barney Stinson, le suivrait dans toutes ses péripéties et l’aiderai du mieux dans l’accomplissement de sa Tâche. Cette tâche, je ne pourrais la connaître mais devra m’y soumettre.
Je ne comprend plus rien, j’ai mal à la tête. Lui, toujours aussi impassible, mais que cache-t-il… Je reprend ma lecture :
En contrepartie, Barney Stinson s’engage à offrir protection et soutien à Lamule, obligation qui commence par la simple tâche suivante : équiper lamule pour le voyage. De plus, ce dernier sera considéré comme il se doit, d’égal à égal… L’aventure ne fait que commencer… Je lève la tête, il sourit et me tend la main, je la serre, notre accord est scellé, je baisse les yeux, la feuille est déjà en train de brûler… Je la regarde se consumer et disparaître totalement, ai-je trop bu ? Je relève la tête, il est dans l’encadrement de la porte, et une image semble se superposé à lui, Faye, mon ancienne partenaire, je me lève à mon tour, adieu la retraire, adieu les tavernes, bonjour la vie…